Démoronavirus

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https://www.publicsenat.fr/article/societe/alexandre-adler-le-terme-corona-apparait-dans-un-rapport-de-la-cia-des-2005-181525

On parle évidemment déjà beaucoup trop du Covid-19 un peu partout, – le moyen de faire autrement alors qu’on est confinés sans avoir grand chose de pertinent à raconter -, mais cet article-ci est un peu plus intéressant que les autres.
D’abord parce que cette pandémie à laquelle personne n’était préparée, certains l’avaient cependant prévue il y a quinze ans, par pure prospective. Et je ne vous parle pas de conspirationnisme délirant, il s’agit-là du site Internet de la chaîne Public-Sénat, et d’Alexandre Adler, une des dernières sommités audiovisuelles en matière historique.
De cet article, on retient deux choses essentielles : d’une part, que des gens un peu partout dans le monde se creusent la tête ponctuellement pour alerter les autorités publiques en publiant des rapports qui ne sont lus par personne, et d’autre part, que ce type de pandémie est totalement induit par la société moderne, parce que nous sommes trop nombreux, trop sociables, trop fraternels, et que nous bénéficions de bien plus de moyens de déplacements que nos arrière-grands-parents. Tout cela implique que dans un monde de plus en plus mobile, la moindre petite grippe un peu virulente peut faire le tour de la planète en très peu de temps, bien moins en tout cas qu’il n’en faut pour concevoir un vaccin. Donc non seulement ce qui arrive est normal, mais cela arrivera à nouveau, régulièrement, suivant les facéties de la nature ou des laboratoires expérimentaux où les tubes à essais sont mal rebouchés.
J’admire la candeur d’Alexandre Adler, mais très sincèrement, je doute que nous sortions de cette crise en tirant toutes les leçons nécessaires. Précisément parce que le Covid-19 est relativement peu mortel, qu’il tue principalement des gens au soir de leur vie, ce qui est brutal mais pas totalement inattendu, et qu’au final, il sera assez facile aux gouvernements de rassurer la population : il suffira de faire des stocks de millions de masques, de millions d’appareils respiratoires, et tant pis si la prochaine épidémie s’attaque à d’autres organes ou se transmet autrement.
Il est possible aussi que ce protectionnisme médical influe sur toute la société occidentale, qui sera plus motivée à fermer les frontières et à entretenir une suspicion envers toute personne originaire d’un pays à risque. D’autant plus que le confinement que nous subissons est mondialement suivi parce que c’est le premier. Or, si ça devient ponctuel, les gens s’habitueront et seront sans doute moins rigoureux. Ce n’est pas à mon sens une solution miracle. Par la suite, elle ne marchera jamais aussi bien qu’elle marche cette fois-ci, il faut en être conscient…
Enfin, Alexandre Adler pense que d’ici 2040, nous irons vers des énergies propres et un monde sans hydrocarbures, et il n’y a jamais que les jeunes autistes de 17 ans qui pensent ça. La vérité, c’est que nous allons surtout vers un monde de plus en plus peuplé, où il y aura besoin des hydrocarbures et du nucléaire, parce qu’avec une telle demande, aucune énergie « propre » ne sera jamais compétitive. Ce qu’il faudrait véritablement clamer bien fort, c’est qu’il faut arrêter de faire des enfants, arrêter de s’entasser dans des villes qui seront de moins en moins vivables, et arrêter de voyager régulièrement à l’autre bout du monde. Plus nous serons nombreux, plus nous serons parqués dans des territoires limités et ultra-urbanisés, plus nous serons à la merci du moindre virus.
Faites une simple expérience, tapez sur Google Images les mots « densité de la population en France » (ça marche aussi bien avec n’importe quel autre pays), et observez les cartes qui vont s’offrir à vos yeux. Tapez ensuite « répartition Coronavirus en France », et vous verrez d’autres cartes qui se recoupent plutôt bien avec les précédentes. Apprenez aussi que la région Île-de-France contient à elle seule deux fois plus d’habitants que la région Nouvelle-Aquitaine, dont la surface est pourtant cinq fois plus grande. Et c’est ça, le piège qui facilite n’importe quelle épidémie : le virus frappe là où il y a des gens, puisque ce sont eux qui le véhiculent. Donc plus il y aura de gens en contact direct, plus il y aura de malades, plus il y aura de morts…
On peut se gausser des Parisiens qui se sont carapatés en rase campagne au début du confinement, mais non seulement ce ne sont pas les plus sots, mais tôt ou tard, on sera tous obligés de faire ça à chaque alerte. L’erreur, ce sera toujours de revenir à Paris. Surtout pour ceux qui y sont restés, d’ailleurs ! C’est impressionnant comme on respire bien ici depuis quelques jours. Ça va être sacrément difficile de se réhabituer à l’odeur des pots d’échappement…

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