Cultivons Notre Jardin

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La Manifestation de dimanche dernier contre l’Islamophobie a suscité beaucoup plus de commentaires qu’elle ne le méritait réellement. On peut trouver que 13 500 personnes, c’est énorme, mais sur les 7 millions de musulmans que compte ce pays, c’est en fait assez dérisoire.

La délation de l’Islamophobie n’était pas le seul message prôné par les manifestants : il était aussi question d’afficher sa double fierté, celle religieuse d’être musulman, et celle « administrative » d’être français, quand bien même les lois de la République Française et celles du Coran diffèrent sur bien des points, et que seules celles de la République comptent en ce bas-monde.
Quoi qu’on en dise, l’intention de cette manifestation est louable, dans le sens où, que le message soit sincère ou non, il prône une philosophie du « vivre-ensemble » que nous sommes les premiers à promulguer et à défendre – sauf dans ce cas précis, et c’est là que nous sommes illogiques. C’était une manifestation pacifiste, sans haine, sans casse, sans rancœur. Nos Gilets Jaunes seraient bien avisés de s’en inspirer…

Alors où se tient le problème ? Il tient d’abord en deux points fondamentaux.

D’abord, en France, actuellement, les actes islamophobes sont deux fois moins nombreux que les actes antisémites et presque cinq fois moins nombreux que les actes anti-chrétiens. Ceux qui se plaignent sont donc ceux qui ont le moins de raisons de se plaindre. Mais ça, on ne peut pas le leur reprocher : c’est assurément un signe d’intégration. En France, il n’y a que des geignards capricieux qui se plaignent sans avoir réellement de raisons de le faire. Nous avons clairement donné le mauvais exemple, et cette faute-là est la nôtre.

Dans cette optique, la victimisation de ces musulmans est à prendre comme le folklore risible d’une époque parfaitement immature.
On a beaucoup parlé de cette petite fille qui portait soi-disant une « étoile juive ». C’était en fait plus compliqué que cela : ce sticker était porté par un certain nombre d’autre manifestants, et on a clairement isolé la photo de cet enfant pour renforcer son potentiel émotionnel. Je publie ci-dessous la photo d’origine, ainsi qu’une photo d’une autre manifestante, où l’on distingue mieux le détail de cet autocollant.

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Déjà, l’étoile n’est pas une étoile de David, mais en fait la reproduction d’un authentique symbole musulman et pré-musulman : le croissant de lune, symbolisant la période du Ramadan, et l’étoile dont chaque branche évoque les cinq piliers de l’Islam.

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Sommes-nous dans une interprétation délirante et paranoïaque ? Et bien, pas vraiment, car ce symbole a été ici « corrompu » : déjà, l’étoile y apparaît trois fois plus grosse que le croissant de lune, alors que comme vous pouvez le constater ci-dessus, la représentation traditionnelle de ce symbole affiche des proportions inverses. L’étoile ainsi grossie, colorée en jaune et arborée sur la poitrine, joue effectivement sur une ressemblance visuelle avec le signe d’infamie que les Nazis obligeaient les Juifs à porter durant les années 30. Cette ressemblance échappe, sans ambiguïté, à la coïncidence grâce au mot « Muslim » dessiné au centre de l’étoile, dans des caractères qui évoquent la mention allemande « Jude » sur l’étoile jaune originelle.
Mais sur bien des plans, et même si des gens ont pu en être choqués, cette provocation aurait plutôt tendance à se retourner contre ceux qui l’ont imaginée : en effet, les Juifs subissaient de la part des Allemands l’infamie de l’étoile jaune, là où les musulmans de ce dimanche se sont marqués eux-mêmes, comme des grands, de leur propre infamie. C’est bien mal connaître l’Histoire, mais en règle générale, les musulmans, comme tous les croyants du monde entier, n’ont souvent que des notions assez vagues de ce qui ne concerne pas directement leur religion. C’est bien de se sentir français et européen quand on a du sang africain dans les veines, c’est encore mieux de connaître l’Histoire de France et d’Europe pour éviter de dire ou de prétendre des âneries. Le Coran à lui seul n’est pas une encyclopédie, et sa dernière mise à jour date d’il y a 1500 ans. Entre temps, il s’est quand même passé pas mal de choses, et je ne crois pas que le prophète Mahomet ait jamais déconseillé de se plonger dans des livres d’histoire.

Le deuxième point fondamental, c’est que le principe même de la religion musulmane est son caractère non-dogmatique, ce qui, de ce côté-ci de la Méditerranée, est le gouffre culturel le plus insondable entre l’Orient et l’Occident. Pour nous, une religion est avant tout un dogme : comprenez par ce mot une interprétation officielle des Écrits Saints, qui définit ce qui va dans le sens de la parole biblique et ce qui s’en éloigne. Cela a d’ailleurs été pour le christianisme la première raison d’être du clergé. Si on a construit en France autant d’églises, gérées par autant d’hommes d’églises nommés pour chaque paroisse, ce n’était pas seulement pour prier ensemble, comme on le fait dans une mosquée, mais pour rappeler, constamment, la manière dont il fallait interpréter avec justesse le message du Nouveau Testament.
Certes, le sermon existe dans toutes les religions, mais la parole d’un imam, simple « guide » spirituel, ne dépasse pas en autorité, pour le croyant, celle d’un prêtre, qui fut longtemps un véritable ambassadeur du dogme chrétien.
Cette différence de traitement repose sur une différence originelle primordiale : le Nouveau Testament est censé être écrit par les apôtres de Jésus, ses disciples, ses élèves. Le Coran est lui censé être directement écrit par Allah.
Rien de tout cela n’est évidemment réel, mais il est difficile d’en convaincre un croyant.
Toujours est-il que si on peut gloser, commenter, interpréter, décortiquer autant que l’on veut, un livre saint rédigé par ce que fut le premier clergé, il est beaucoup plus difficile de commenter et de décortiquer la parole de Dieu, qui est intouchable.
Il en découle donc qu’un musulman ne peut exercer sa foi qu’à partir de ce que son intelligence comprend du Coran. Cette libre interprétation individuelle est évidemment la porte ouverte à toutes les dérives, dès lors que cette quête spirituelle est faite par une personne au cerveau passablement vide ou dérangé. Certes, les imams peuvent se montrer de bon conseil pour expliciter certains sourates dont on connaît les ambiguïtés. Mais encore une fois, un imam n’est qu’un modeste conseiller, il ne peut pas ouvertement dire à quelqu’un qui se radicalise qu’il est totalement à côté de la plaque. Son statut découle surtout de son érudition théologique. Un imam, c’est avant tout un théologien qui sait organiser des prières collectives, mais en théorie, il n’est pas plus près d’Allah que n’importe lequel des fidèles de sa mosquée.

Et c’est là précisément que repose l’incompatibilité profonde des valeurs de l’Islam avec celles de la France, du moins sous la forme actuelle de ce culte. En fait, le musulman devrait être tenu d’adapter la pratique de sa foi au territoire historiquement chrétien où il vit, et qui, à ce titre et depuis presque dix ans, est l’objet d’attaques terroristes propagées par des activistes qui se réclament d’une interprétation extrême du Coran, ce qui forcément amène ses habitants à percevoir l’Islam comme la religion de ses ennemis. C’est d’ailleurs le but recherché par DAESH et Al-Qaïda : générer, par leurs actions sanglantes en France, un défoulement de haine rancunière contre les musulmans de France, qui seraient alors obligés de s’enfuir et de rejoindre, contraints et forcés, le califat où ils auraient alors été assujettis et réduits en esclavage.
De cela, il faut être conscient : l’islamophobie est véritablement ce que DAESH voulait implanter en France. Chaque musulman devrait l’avoir compris.
Or, tout le problème d’un musulman honnête, raisonnable, c’est qu’il ne peut évidemment pas soutenir les partisans de la Charia, mais selon les règles musulmanes les plus essentielles, il n’a aucune autorité morale pour les condamner ouvertement. Seul Allah lui-même serait capable de reconnaître un bon musulman d’un mauvais, attendu que ce dernier peut alors s’attendre aux pires tourments de l’Enfer après sa mort. Malheureusement, ce qui préoccupe les Français, ce n’est pas ce qu’un mauvais musulman peut devenir après sa mort, mais ce qu’il peut faire de son vivant à ses compatriotes.

C’est en ce sens que la manifestation de dimanche, et toute la démarche générale du CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) n’a aucune pertinence réelle par rapport au véritable problème que rencontre l’Islam en France, et il suffisait d’ailleurs de voir qui étaient les manifestants pour prendre conscience de ce problème : beaucoup de femmes, de mères de familles, de vieillards pondérés, de gens d’une autre génération et dont la vie est faite. Quasiment pas d’adolescents ou d’hommes jeunes, qui sont hélas les premiers touchés par la radicalisation, et qui ne se sentent que très peu français.
Tout le caractère identitaire du communautarisme religieux était fort paisiblement passé sous silence par ces gens qui étaient tous, n’en doutons pas, des « bons musulmans » qui ne posent problème à personne et qui vivent leur foi de manière très isolée et communautaire, pour ne pas dire déphasée, un peu à la manière des veilles gens catholiques que l’on croise dans les fêtes paroissiales. Il y a toujours dans la pratique religieuse intense quelque chose qui confine à l’autisme.
La preuve en est aussi donnée avec cet intervenant du CCIF, qui, juché sur le toit d’une camionnette, fait entonner à la foule un « Allah Akhbar » (ou « Allahu Akbar », il n’y a pas de romanisation officielle) quelque peu inquiétant pour des spectateurs occidentaux. Motif : ça n’est pas originellement un cri de guerre. Ce qui est vrai, d’ailleurs, il s’agit juste de l’équivalent musulman de notre « Dieu est grand ! ». Sauf que 93% des gens en France n’ont jamais entendu ces mots utilisés autrement que comme un cri de guerre.
Mieux encore : le porte-parole du CCIF laisse entendre que ce sont les médias qui ont crée cet amalgame, ce qui est évidemment faux : ce sont les terroristes eux-mêmes qui ont fait de cette expression un cri de guerre, qui sont d’ailleurs généralement les derniers mots qu’ils prononcent de leur vivant. Les médias ne font que relayer des événements qui ont été vus, entendus et filmés.
Seulement voilà, le CCIF n’ose pas parler du terrorisme, ils en font un déni total, comme si ça n’existait pas, au risque d’ailleurs de passer pour leurs complices. En vérité, c’est surtout qu’un « bon musulman » n’a pas vraiment le droit de juger la foi d’un autre musulman. Ils ne peuvent pas soutenir le terrorisme, mais ils ne peuvent pas le condamner, parce que c’est dans la règle de base de leur religion, qui admet tous les schismes possibles et imaginables, là où le christianisme s’était efforcé de massacrer tous ses marginaux (et y est parvenu, à l’exception des protestants).

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Or, cette situation ne peut pas durer en France. La France n’est pas l’ennemie de l’Islam, l’ennemi de l’Islam est intérieur, mais les musulmans ne veulent pas le voir, ils ne veulent pas choisir entre l’état français et les moutons noirs du Coran. Ils ne parviennent à s’en prendre qu’à la France chrétienne, qui les empêche de se vêtir comme ils le veulent par des lois jugées « liberticides », dont ils refusent de considérer les raisons avancées pour leur mise en place. Voir au-delà, pour eux, revient à juger des coreligionnaires dont on peut désapprouver formellement l’engagement brutal et sanglant, sans toutefois ressentir l’audace de le mépriser officiellement.
Pourtant, les choses changent : l’an dernier, un homme radicalisé, ayant effectué une prière dans un avion, avait été brutalement arraisonné par le personnel de bord. Un voyageur avait alors filmé la scène, qui a été diffusée sur les réseaux sociaux. On y voit l’homme se mettre soudain à hurler : « Allah Akhbar », tandis que les agents de sécurité le plaquent au sol. On entend alors la voix d’un passager musulman dire à plusieurs reprises, moitié en arabe, moitié en français :
– « Non, pas Allah, ne dis pas Allah, sale menteur ! »
Aussi brève, et aussi peu commentée que fut cette réaction, elle présage agréablement d’une évolution nouvelle, qui représente ce que la France attend réellement de ses citoyens musulmans : une condamnation ferme et engagée du fanatisme, sans laquelle toute confiance mutuelle est limitée.
Très sincèrement, je ne crois pas qu’il y aurait en France un débat sérieux sur le voile ou sur le burkini si les musulmans avaient fait, au moment où il le fallait, cet examen de conscience et compris la nécessité de faire corps avec leur pays contre la barbarie islamiste. D’autant plus que si le terrorisme est toujours une injure à la démocratie, le terrorisme islamique est en plus une injure à l’Islam qui devrait être comprise comme cela, et fortement dénoncée par ceux qui se sentent, à l’image du passager de cet avion, honteux des hommes qui dévoient leur culture et leur religion à des fins criminelles.

Le CCIF a fait, une fois de plus, avec cet événement, le jeu des politiciens islamophobes de ce pays, qui bien évidemment existent, comme ils existent dans chaque pays occidental, mais qui ne reflètent pas à eux seuls la mentalité profonde des Français de ce début de XXIème siècle. Bien au contraire, je pense que la France est beaucoup moins raciste et islamophobe de nos jours qu’elle a pu l’être par le passé, plus par condescendance que par haine, à une époque où elle aimait à se moquer des sauvages des colonies. L’Arabe, le Musulman, ne sont plus aujourd’hui ces étrangers lointains aux mœurs tribales que l’on voyait dans des bandes dessinées ou des films d’aventure. Depuis déjà près d’un demi-siècle, l’Africain, c’est le voisin, le camarade de classe ou le commerçant en bas de chez nous, ce n’est plus un indigène aux rituels incompréhensibles ou primitifs, c’est quelqu’un qui vit au même endroit que nous. On ne manque pas de lui reprocher régulièrement sa double culture, mais c’est aussi parce qu’on oublie malencontreusement la nôtre (française et américaine).
Un musulman aujourd’hui peut se sentir mal accepté, mais c’est parce qu’il ne comprend pas qu’il DOIT FAIRE UN EFFORT pour se faire accepter dans un pays qui est en guerre contre des gens qui lui ressemblent et qui se réclament de la même religion.
Vouloir obstinément accentuer cette ressemblance, sans tenir compte des événements, sans réaliser ce que cet orgueil mal placé peut avoir de suspect, c’est véritablement chercher le bâton pour se faire battre, c’est générer de toutes pièces l’islamophobie qu’on prétend ensuite dénoncer.
Je suis pour ma part un mécréant qui ne croit en aucun dieu, pas même en celui  de son pays, mais il me semble que la spiritualité, l’engagement religieux, l’épanouissement de la foi sont des démarches intérieures, mentales, émotionnelles, et que les tenues, les accessoires vestimentaires, les longueurs de barbes ou les colifichets, sont là des points de détail tout à fait dispensables, pour quelque religion que ce soit. Vouloir « paraître » musulman, vouloir en informer obstinément le monde, c’est là quelque chose qui me semble plus relever de l’orgueil que de l’engagement spirituel, lequel n’est, après tout, qu’une histoire personnelle entre Dieu et soi. En tout cas, en France, c’est quelque chose qui ne passera jamais bien, et il faut que les musulmans en soient conscients…

Car cette laïcité que beaucoup de croyants condamnent ou jugent à tort « liberticide » est la meilleure idée que nous ayons eu en France, pour mettre fin à des siècles de conflits politico-religieux qui ont ravagé des pans entiers de l’Histoire de France. La laïcité n’affirme rien de plus liberticide que de juger que la foi de certains doit s’arrêter là où commencent celles des autres, c’est-à-dire assez souvent dans l’espace public.
Nous avons compris, depuis plus d’un siècle, que chaque religion affirmant être la seule vraie alors que les autres sont fausses, il était assez probable que toutes partagent en fait la même erreur, et comme hélas, ni Jésus, ni Allah, ni Yahvé n’ont jamais fait de conférences de presse pour clarifier la situation, il a été décidé, il y a un peu plus d’un siècle, que, jusqu’à plus ample information, toutes les identités d’un Dieu suprême ne sont que des hypothèses qui se valent, quelle que soit leurs passifs dans notre pays. Partant de cela, chacun est libre de choisir et de vivre sa religion, tout en laissant son voisin, son frère, son enfant, faire son propre choix ou n’en faire aucun. Bref, croire et laisser croire, et maintenir autant que possible sa foi dans une relative vie privée.
Je peux comprendre que cela peut avoir quelque chose de frustrant pour tous ceux pour qui la foi est une bonne nouvelle qu’il faut propager. Je peux comprendre aussi qu’Internet étant un territoire virtuel où la laïcité ne s’applique pas, on peut aisément y pratiquer avec succès un prosélytisme qui n’est pas transposable dans le monde réel, et que ceux qui s’y essayent ne comprennent pas pourquoi la liberté de parole n’est pas la même sur Internet et en bas de leur rue. Mais il faut bien prendre conscience que, loin d’être liberticide, la laïcité garantit au contraire la liberté de chacun, en ne permettant à aucune d’entre elle de déborder sur les autres, suivant le même principe qui fait que votre maison ou votre appartement possède des murs qui empêchent les voisins de rentrer chez vous sans votre autorisation.
S’il y a de l’islamophobie en France, c’est parce qu’un certain nombre de musulmans cherchent à briser les murs de leur appartement pour en augmenter la surface et en faire un palais. Mais ce à quoi ces musulmans ne réfléchissent pas, c’est que ce palais sera fait d’appartements confisqués à des personnes fort mécontentes d’être ainsi dérangées, et qui s’uniront pour chasser le trublion, non seulement de ce palais, mais même de son appartement de base.
Ceci pour dire que dans un pays de 67 millions d’habitants, qui ont tous le droit de croire ou de ne pas croire, ce que peuvent exiger ou réclamer comme privilèges 13 500 personnes n’a aucune chance d’aboutir et leur reviendra tôt ou tard dans la figure comme une gifle.
Enfin, pour ceux qui doutent encore du bien-fondé de la laïcité, si nous ne l’avions point établie, nous serions aujourd’hui un pays authentiquement chrétien, qui en tant que tel, serait parfaitement à même de persécuter les croyants d’une autre religion, voire de les torturer et de les brûler comme hérétiques, ce dont on ne s’est d’ailleurs pas privés pendant un certain nombre de siècles.
Sans la laïcité, on ne mettrait pas sous les verrous des esprits malades qui cherchent à incendier les mosquées pour venger Notre-Dame, comme on a pu le voir très récemment. Les véritables islamophobes se revendiquent de la France catholique, et n’aiment pas trop la laïcité eux non plus. C’est bien triste de se découvrir des affinités avec cette sorte de gens.

Ceci pour dire que la France n’est pas l’ennemie de l’Islam, que la République n’est pas l’ennemie de l’Islam, que la laïcité permet au contraire à chaque musulman de vivre sa foi tant qu’elle ne déborde pas sur celle des autres. Ce sont les lois de la République qui définissent, avec un souci permanent de neutralité et d’équité, où doit se tenir la frontière d’un culte religieux parmi tous les autres – seulement la République, et pas le CCIF, qui rêve en vain d’une France 100% compatible à l’Islam, qui ne verra jamais le jour, ne serait-ce que parce que la France a pris un recul définitif avec l’hégémonie religieuse, ce dont chaque musulman de France devrait s’estimer heureux, car sans cela, on le vouerait au bûcher…
Faire comme si l’Islamisme n’existait pas, faire comme si aucune autre religion en France n’importait, faire comme si l’athéisme était une aberration de l’esprit, c’est, pour chaque musulman, la certitude absolue de faire la monter la haine contre sa religion, contre sa culture et contre lui-même.
Pour le meilleur et pour le pire, nous sommes une société cosmopolite, à la gestion  strictement rationnelle – et elle devrait même l’être davantage. Vouloir aller à l’encontre de cette inexorable évidence, c’est devenir nuisible pour tous, y compris pour sa famille, ses amis, ses voisins.

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Nous avons en France un philosophe très ancien qui se qualifiait lui-même de « déiste » – il croyait en Dieu, mais ne voulait adhérer à aucun culte, préférant comparer les écrits religieux d’où qu’ils viennent pour y chercher une vérité essentielle, ce qui lui a valu d’ailleurs quelques persécutions pour oser mettre sur un même plan le Nouveau Testament et les Dieux de l’Olympe.
Cet homme vivait il y a à peu près trois cent ans et se faisait appeler Voltaire. Son nom a été beaucoup galvaudé par des gens qui cherchent à récupérer son travail pour justifier un certain nombre d’idées mauvaises contre lesquelles il était pourtant fermement engagé, au point de signer un « Traité sur la Tolérance » qui fut en tête des ventes de livres juste après l’attentat contre Charlie Hebdo.
À la toute fin de « Candide », conte philosophique qui l’a rendu mondialement célèbre, Voltaire résume la partie essentielle de sa pensée, en une phrase très courte, puisqu’elle ne compte que trois mots : « Cultivons notre jardin ».
Je demande à chaque personne qui me lit, et particulièrement aux personnes de confession musulmane, de réfléchir à ces trois mots comme jamais ils ne l’ont fait auparavant.
« Cultivons notre jardin »
Il faut y réfléchir longuement pour comprendre tout ce qu’impliquent ces trois mots, dont chacun exprime une ou plusieurs idées fortes :
– « cultiver », c’est-à-dire faire s’épanouir un bout de terre, y faire pousser des fruits, des fleurs, tout ce qui pour nous semble beau, bon ou nutritif.
« notre » : ce qui est à nous, et seulement à nous.
« jardin » : un enclos de verdure délimité, qui n’a aucune fonction vitale dans notre existence, qui n’existe que pour notre ravissement, notre bien-être, notre épanouissement personnel. Notre jardin nous ressemble forcément puisqu’il n’y pousse que ce que nous y avons planté, puisque même s’il y a des mauvaises herbes ou des insectes nuisibles, nous pouvons les y enlever pour rendre notre jardin le plus idéal possible.

Aussi, si je le pouvais, je demanderai à tous les musulmans de France de considérer ces trois mots, qui représentent bien plus la mentalité française que tout ce qu’ils pourraient entendre ou lire d’autre. Ce sont des mots qui, apparemment, ne parlent pas de Dieu, mais en vérité, ils en parlent, puisqu’ils parlent de toutes choses et qu’ils sont applicables à toutes les situations. Il faudrait les avoir imprimés sur le marque-page de votre Coran, non comme un correctif ou une censure, mais comme la clé qui mène du Coran vers le pays de France, la clé qui permet d’être à la fois Musulman et Laïc, Musulman et Républicain, Musulman et Français. Parce que rien de tout cela n’est incompatible, sauf si vous en décidez autrement.

Cultivons plutôt notre jardin.

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